Auprès de moi toujours – Kazuo ISHIGURO

Le Thème.

L’Humanité.

Une Citation.

Il y a quelques jours je parlais à l’un de mes donneurs qui se plaignait que les souvenirs, même les plus précieux, s’estompent à une rapidité surprenante. Mais je ne suis pas d’accord avec ça. Les souvenirs auxquels je tiens le plus, je ne les vois jamais s’estomper. J’ai perdu Ruth, ensuite j’ai perdu Tommy, mais je ne perdrais pas mes souvenirs d’eux.

L’histoire en quelques mots.

Kathy nous emmène au fil de ses souvenirs au coeur de son enfance à Hailsham, une école idyllique. On y rencontre ces doux instants de vie, ces personnes qui y ont participé, ses amis Ruth et Tommy. Kathy nous entraîne ensuite dans son adolescence dans les Cottages puis dans sa vie d’adulte. Mais au final, quelle est cette vie conditionnée dans l’ombre ?

Ce que j’en ai pensé.

Comme un proche le ferait, vous écoutez Kathy dérouler le fil de ses souvenirs. Vous faîtes des bonds dans le temps, vous lisez des descriptions que vous pensez anodines, parfois inutiles. Vous vous perdez un peu dans les enchaînements, rien de bien méchant. Vous ne comprenez pas tout sur ce qu’elle fait vraiment, ni qui elle est. Parfois, vous pourriez même lui demander de s’arrêter, d’en dire davantage ou d’abréger mais sans réellement oser l’interrompre. Parce qu’en fait, à un moment assez avancé de l’histoire, vous vous en rendez compte, ces débordements servent le tout, le contexte, la connaissance des personnages. Vous percevez l’ambiance, l’intimité des situations, l’expression des sentiments.

Kazuo Ishiguro possède à la fois une plume poétique, une douceur fragile, une pudeur et à la fois, le verbe cru. Une certaine cruauté aussi lorsque peu à peu vous comprenez ce qu’il se trame. Bien entendu, vous sentiez qu’il y avait quelque chose d’étrange puisque c’est un roman d’anticipation comme dit dans le résumé, mais sa beauté se révèle réellement dans la façon de tisser la toile d’araignée. Plusieurs fois, j’ai cru que j’allais passer à côté du livre ne voyant qu’un enchevêtrement de situations. Quelques fois, j’ai vu les thèmes décrits à savoir la perte d’innocence, l’importance de la mémoire, la valeur que chacun accorde à autrui en filigrane mais cela semblait flou, un peu survolé jusqu’aux révélations de l’un des personnages.

Il est assez difficile de ne pas trop en dire sans révéler des points-clé de l’intrigue aussi je passe en blanc pour la suite…

Les réflexions amenées me font penser à la série Humans, sur la question de l’humanité de façon générale même si ici, nous parlons de robots, et là, de clones. Finalement, pouvons-nous disposer d’eux comme de simples outils ou réservoirs à tissus organiques ? Jusqu’où pouvons-nous aller dans la science sans que cela ne mobilise davantage notre propre réflexion ? Devons-nous attendre d’être face à de telles situations pour y réfléchir ? Devons-nous attendre pour y accorder un peu d’attention ? Devons-nous nous en remettre entièrement aux penseurs définis ? Un début serait peut-être de lire cette publication de 2004 de l’Unesco et d’approfondir nos lectures.

Il y a peu, Orwell écrivait 1984 et aujourd’hui, beaucoup d’entre nous sommes effarés de voir la ressemblance avec notre monde. D’ici combien de temps dirons-nous la même chose de ce livre ? 

Si le coup de coeur n’a pas été immédiat, une sorte de tendresse s’est développée pour cette histoire depuis que j’ai tourné la dernière page, et une certaine peur aussi.

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