Les Filles bien n’avalent pas – Marie MINELLI

Thème

La sexualité au Féminin

Une citation

Les femmes sont comme des miroirs, elles réfléchissent mais ne pensent pas. Arthur Schopenhauer est comme un appareil photo bas de gamme : il produit des clichés tout pourris.

Le Livre en quelques mots

Des idées reçues à envoyer valser

Ce que j’en ai pensé.

Dès la réception, j’avais ouvert au hasard pour avoir une première idée de ce livre au format agréable et à la couverture sobre et sympa. Je suis tombée sur l’Idée reçue 14. Un humour savamment dosé. Du sarcasme. J’ai souri franchement et me suis dit que si le livre maintenait ce rythme, ça allait me plaire. J’ai donc repris le livre à partir du début pour les besoins de la critique et ne pas passer à côté de quelque chose par trop d’allers-retours.

Dès l’introduction, Marie MINELLI vous titille, vous pique, vous fait esquisser encore un sourire parce que les choses écrites ont toutes été entendues un jour ou l’autre. Oui, le conditionnement est vraiment bien installé dans la Société!
Par la suite, ce sont 35 idées qui sont détaillées. La majorité de ces 35 idées sont décrites au moyen d’un texte léger, sarcastique, et agrémenté de petit bonus variables d’une idée à une autre : Témoignages, Sondages, Etudes Scientifiques, Graphiques, Tableaux, Top-list, Photo re-visitée, Références Musicales ou Cinématographiques, Citations célèbres et re-visitées aussi…

Dans ces 35 idées reçues, vous trouverez plusieurs thèmes :

– La relation Homme/ Femme en dehors du Sexe : le Romantisme face au Machisme (trop souvent confondue avec la Virilité), la Violence conjugale (Et même si ce n’est pas le propos du livre, je trouve intelligent d’y glisser un petit mot sérieux à ce sujet), les Inconnus deux heures avant (ou moins) et la rencontre avec le Prince Charmant, la Drague de rue (On ne confond pas avec le harcèlement!), le Pouvoir.
– L’accession au plaisir : la Masturbation (avec ou sans utilisation du Porno), les Préliminaires (ou leur absence!), le Cunnilingus (Cunnilinctus d’ailleurs si on s’en réfère au Dictionnaire des Fantasmes et Perversions de la Musardine), la Fellation, la Sodomie, l’Ejaculation faciale, la Spermophilie. (Parce que les filles bien n’avalent pas et ne parlent pas mal non plus… Enfin on en reparlera à la fin du livre)
– Les Fantasmes : Ses Potes, Lesbianisme, le Lieu (surtout celui à éviter)
– Les Attributs : Odeurs, Beauté et Mannequinat, Epilation, Taille du Pénis, le Clitoris,
– Ce qui refroidit Monsieur : la Grossesse, la Ménopause, les Règles,… (mais qui n’empêche pas Madame d’avoir des envies sexuelles!) et les Excuses qu’on peut utiliser pour le glacer instantanément (Idée 30)
– Divers : Gynécologue et Pilule, Performances décrites aux copines, la Maniaquerie, le Féminisme.
– Et ceux dont la présence m’ont paru étrange, incongrue : la Bouffe (Idée 22 : Un essoufflement dans l’humour, l’inspiration ou dans la lecture peut-être? En tout cas, aucun sourire particulier à la lecture), la Jeune Femme Musulmane (Idée 31 : Pourquoi une religion particulièrement mise en avant dans le texte et les témoignages, même s’il est à noter que les autres religions sont citées à la fin du texte, j’aurais joué sur le multi-culturalisme dès le début), la Moto (Idée 32 : Je me pose la même question que pour l’Idée 22, un essoufflement ou alors y avait-il un nombre d’idées à atteindre particulièrement ? Ceci permettant l’émergence d’idées reçues pas réellement investies car trop peu agrémentées de bonus)

Le rythme reste soutenu, chaque idée n’est pas développée de la même façon, ni avec le même investissement (A noter l’absence de texte dans l’Idée 20 par exemple) ou encore la différence en nombre de pages (Certaines s’étalent sur 4 à 6 pages, quand d’autres restent timidement à 1 ou 2 pages). Mais au final, cette variation de rythme vous permet aussi de faire une pause lors de votre lecture « chronologique ».
Une petite remarque à propos des deux pages intitulées « Si les filles parlaient comme les mecs » et « Halte aux préjugés », celles-ci sont placées entre l’Idée 33 et 34 sans aucun lien avec l’une ou l’autre. Est-ce voulu? Ces petites interpellations auraient, à mon avis, eu davantage leur place dans la continuité de l’Idée 35 : « Les filles sont des petites choses fragiles qu’il faut protéger à tout prix ».

Par la suite, 15 idées proposées sont effleurées, caressées par un ton taquin, un sourire au coin des lèvres…
On retrouve les mêmes thèmes mais avec des sujets différents par exemple :
La Relation Homme/Femme en dehors du Sexe : Parler après l’acte, les femmes Vénales, la Promotion Canapé, la Psychologie de Comptoir, les Sites de rencontre.
L’accession au Plaisir : l’utilisation du Visuel
Les Fantasmes : les Viols (Je ne me suis pas trompée de catégorie), le Libertinage,
Les Attributs : le Point G, le Physique, l’Epilation (encore), les Talons.
Divers : le Féminisme.

La Conclusion reste un délice à lire, la plume de Marie MINELLI est fluide jusqu’au bout de son livre, et quoi de mieux qu’offrir un test-type des magasines féminins où l’on sait quoi répondre pour arriver à quel résultat, avec des recommandations personnalisées tout aussi comiques. Elle ne pouvait pas mieux finir finalement !

On se rend compte avec tout ce livre que les Médias nous conditionnent plutôt pas mal dans la vie de tous les jours. En fait, je m’en doutais forcément mais lire certains extraits (Notamment dans l’Idée 18) amènent à réfléchir. Les Médias tentent d’aborder la sexualité pour paraître ouverts et libres (Comme la Société se dit être, permettez-moi d’en douter), mais ils se retrouvent bien vite confronté au politiquement correct, et effectivement les enfants de quatre ans n’ont pas forcément besoin d’entendre parler d’éjaculation faciale au déjeuner mais alors, y a-t-il un intérêt à en parler s’il faut sans arrêt penser au public ? Pourquoi ne pas laisser les Médias qui en ont fait une spécialité, en parler librement ? Ainsi Oreilles et Yeux ne pourraient pas se plaindre d’être heurtés puisqu’ils auraient connaissance du type de contenu dès le départ. Comme lorsque l’on choisit un partenariat avec la Musardine. D’ailleurs, les Editions de la Musardine permettent cette ouverture d’esprit en toute connaissance de cause, mais aussi des émissions radio. Par exemple, je viens de découvrir Point G comme Giulia en podcast, et quoi de mieux qu’offrir la parole aux auditeurs et à leurs expériences pour partager sur les expériences aussi diverses et variées qu’il y a d’humains… (Et par la même occasion, faire voler en éclat l’idée 42 selon laquelle le Point G n’existe pas !)

Une note particulière pour l’utilisation de la Ménagère dont j’ai particulièrement aimé le détournement et la plupart de ses phrases si décalées, et osées.

Ce livre pourrait bien être l’oeuvre d’une féministe puisqu’elle prône, à raison, le plaisir des femmes, la libération sexuelle, le droit de l’exprimer comme on veut, quand on veut. (Et après avoir lu l’idée 19, vous ne pouvez plus vous risquez à déblatérer des idées reçues sur la sexualité de la Féministe Wink) Féminisme ou non d’ailleurs, peu importe le nom que l’on donne… (Et à propos de cela, le mot féministe ne doit pas être perçu comme péjoratif, je vous recommande vivement de lire/écouter le Discours intégral d’Emma Watson aux Nations Unies pour le lancement de la Campagne HeForShe)
Par contre, j’ai senti notamment au niveau de la beauté, qu’elle était suspicieuse à propos de la motivation des femmes à se faire belle, et que celles-ci le faisaient pour rentrer dans une norme. Même si effectivement, certaines sont dans cette catégorie-là, je pense qu’il y a des femmes qui aiment se faire des soins pas très agréables pour leur bon plaisir après, cela leur permet aussi de se recentrer. Bon ok, certaines le font en s’épilant, d’autre en allant au ciné, mais finalement, c’est leur choix. Ce fut le seul point où j’ai trouvé le jugement hâtif et le rejet extrême.
Parce que sinon, Marie MINELLI ne vous dit pas de faire tout ce qui est abordé dans le livre et/ou faire ce que vous n’avez pas envie pour se la jouer libérée à tout prix, non, elle ne dit pas ça. Au final, avec son humour, Marie nous envoie une Idée principale, primordiale même : Que votre sexualité / façon de vivre soit aussi unique que vous l’êtes! Vivez ce que vous avez envie de vivre réellement, sans qu’aucune conscience collective intervienne. Faites sauter les verrous, et trouvez vos clefs du plaisir. Et par la même occasion, c’est un livre que l’on peut laisser traîner à l’attention de ces Messieurs, (Conjoints, Potes, Inconnus de moins de deux heures aussi si vous n’avez pas autre chose à faire de mieux…) pour que leurs représentations évoluent tout en douceur, tout en sourire…

Ce fut une lecture sympathique, divertissante et je remercie la Musardine pour ce partenariat ainsi que le forum The Imaginarium, qui laisse libre cours à de belles rencontres et aux plus beaux scénarios !

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2 réflexions sur “Les Filles bien n’avalent pas – Marie MINELLI

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