Issue de Secours.

Idée directrice : S’inspirer de cette vidéo (Wim Mertens – Struggle for Pleasure) et écrire en utilisant la palette de couleurs : Noir, Gris, Blanc.

La vidéo démarre à 00:20

Un pas devant l’autre, il avance tant qu’il le peut encore. Il s’arrête un instant. Tend l’oreille. Il n’entend rien d’autre que le bruit de la circulation sur l’autoroute. Tapi dans l’ombre d’une tôle froissée, il s’arrête un peu. Il attend quelques secondes. Il sait que le démarrage sera plus dur encore. Une horloge semble flotter sur sa tête, prête à tomber comme un couperet. Le temps file. Il sait qu’il n’en a plus pour longtemps. Il le sent aussi…

Son espoir le quitte un peu plus au rythme de sa douloureuse respiration. Chaque fois que l’air emplit ses poumons, c’est une bourrasque qui le dévaste. Des milliers de petites lames se jettent sur lui, le transperçant ici et là. Ses chairs molles hurlent de douleur, ses os grincent et s’effritent. Ses arrêts sont plus meurtriers que ce qu’il a pu endurer. Que ce qu’il endurera s’ils le rattrapent une nouvelle fois.

Il sait qu’il doit avancer. Il doit sortir de là, tant bien que mal. Il ne peut pas crever ici. Il doit se relever. Il doit s’échapper. Ses jambes ne le soutiennent presque plus. Il ne sait quelle force les font se mouvoir. La rage peut-être. Un pas devant l’autre et un autre à nouveau. Ses mains, brisées, s’accrochent à ce qu’il peut et l’emportent vers le pas suivant. Il lève le regard. Il voit l’escalier. Celui qui le mènera sur le pont, puis de l’autre côté de l’autoroute. Il le voit. Il est tout proche.

Sentir la rambarde sous ses doigts le rassure. Un peu. Il sait que le chemin est encore long. Il sait qu’il doit gravir l’escalier. Il n’ose pas regarder vers le haut. Il détache son écharpe, l’enroule et mord dedans, il étouffe un cri et se hisse sur la première marche.

En haut, il ne prend pas le temps de souffler, il sait déjà que ses assaillants l’ont remarqué. Il les entend hurler. Il sait déjà ce qu’ils lui réservent. Il s’enfuit. Il a peur. De l’autre côté, il trouvera peut-être quelqu’un qui le mettra à l’abri. Ils n’oseront pas aller plus loin. Il le faut, il le faut. Et s’il n’y a personne? Il halète. Sa respiration est de plus en plus coupée. Il faut qu’il y ait quelqu’un. Il faut qu’il y arrive. Il le faut…

Il lance un regard vers cet horizon gris métallique. Il est au milieu du pont. De l’autre côté, surgissent deux hommes. Deux hommes qui viennent le chercher aussi. Il est perdu, il le sait maintenant. Il le voit sur leurs visages déformés par des sourires victorieux. Ils s’arrêtent, le jaugent. rigolent.

Ses jambes ne sont plus que des poids morts, ses mains ont perdu toute mobilité. Seule sa volonté lui fait enjamber le pont. Il les regarde une dernière fois. Il voit leurs visages se raidir, il les voit courir. Il ne peut pas les laisser l’attraper. Il ne peut pas les laisser lui soutirer plus d’informations. Il ferme les yeux. Il fait noir…

En contrebas, les voitures continuent de rouler…

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