Renaissance.

Idée directrice : S’inspirer de cette vidéo (Ghinzu -Birds in my head). Ne pas parler d’Amour.


Il fait nuit. Il fait chaud. Il fait humide. Au cœur de la végétation, des cases traditionnelles s’élèvent, fières. Disposées en cercle, elles dissimulent la Cérémonie.

Des silhouettes se tiennent là, droites, immobiles devant le Feu Sacré. Les ombres et lumières jouent des reliefs dessinés par les musculatures fortes et athlétiques. De somptueuses peintures tribales mettent en valeur ces corps de guerriers. Leurs visages, impassibles, sont éclairés par les Flammes. Du jaune, du rouge et du blanc, soulignent leurs yeux noirs, perçants. Les tambours commencent à résonner. Leurs lèvres s’ouvrent, prononcent des paroles incompréhensibles. Elles se confondent, se mélangent les unes avec les autres. Les tambours prennent de l’ampleur, petit à petit. Les murmures s’amplifient jusqu’à devenir un seul et même cri.

Silence.

Les tambours reprennent. Les silhouettes s’animent. Leurs pieds battent en rythme. Leurs bustes sont maintenant dirigés vers le sol. Ils se relèvent au fur et à mesure qu’ils se rapprochent de la source de chaleur. Leurs bras s’élèvent vers les cieux aussi noirs que leur peau. Les chants se font plus profonds, plus caverneux. Un cri déchire la nuit. Puis ils repartent en arrière, tout en se baissant progressivement. Un seul et même esprit semble prendre possession d’eux. Ils ne font plus qu’Un. Les tambours ne faiblissent pas.

Silence.

Les tambours se taisent. Tous s’immobilisent. Le cercle s’ouvre. Un jeune garçon s’avance. Vêtu de la tenue traditionnelle, il porte un masque fait de terre et de plumes dissimulant son visage. Les pieds recommencent à taper le sol. Doucement. Leurs mains frappent les genoux. Fermement. Le garçon se rapproche du Feu. Il prend de profondes inspirations, murmure à son tour d’inaudibles paroles. Ses pieds se lèvent, ses bras se tendent de part et d’autre de son buste. Son corps entame une danse. Il ondule. Les autres reprennent leurs chuchotements. Lui, les yeux fermés, est emporté par le rythme. Il n’est plus maître de ses gestes. Des spasmes parcourent chacun de ses membres. Soudain, il retombe au sol, accroupi, replié sur lui-même. Face à lui, les Flammes dansent, inexorablement.

Silence

Un vieil homme sort d’une case. S’approche de lui. Se place dans son dos. Dans sa main droite, une lame étincelante. Son tranchant rencontre la peau noire au niveau de la nuque. Le sang rouge coule le long de la colonne. Le garçon ne gémit pas. Le vieil homme pose maintenant la lame au niveau de l’épaule droite et, d’un geste vif, entaille à plusieurs endroits. Il tressaille. Le vieil homme s’arrête, déplace la lame sur l’épaule gauche et reprend son rituel. Le corps s’écroule au sol. Le sang s’échappe en plusieurs filets sur le dos du jeune garçon. Le vieil homme récupère quelques gouttes de sang dans une coupelle disposée là et disparaît sans aucun bruit.

Les hommes, restés silencieux, referment le cercle. Les tambours reprennent, les pieds frappent la terre, puis s’éloignent, laissant le corps gisant au sol.

La Nature reste silencieuse.

Ce soir, un Homme Nouveau est né.

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