La Vague – Todd STRASSER

Le Thème.

Embrigadement et Manipulation.

Une Citation.

Vous avez échangez votre liberté contre une pseudo-égalité. Mais cette égalité, vous l’avez transformée en supériorité sur les non-membres. 

L’histoire en quelques mots.

Ben Ross veut faire comprendre à ses élèves comment le nazisme a pu prendre une telle ampleur, avant d’être lui-même pris au piège.

Ce que j’en ai pensé.

Un livre qui ne retient pas l’attention par son style sans particularité mais sur le fond et le sens profond du message. Un livre qui se lit extrêmement rapidement, qui se dévore. Jusqu’où va-t-il aller? Un livre qui me fait penser à la chanson Né en 17 à Leidenstadt de Fredericks-Goldman-Jones : « On saura jamais vraiment ce qu’on a au fond du ventre, ce qui se cache derrière nos apparences ». Le livre aborde chaque attitude, chaque évolution dans un mouvement. Il y a le cliché de la plus intelligente et rédactrice en chef qui « comprend » dès le départ et du bafoué qui trouve sa place dans ce genre de mouvement. Cette idée de la renaissance.
De la même façon, il y a un certain doute sur Ben Ross, on lui fait confiance pour réagir mais au fil du temps, il se laisse happer et finalement il parle lui-même de ce pouvoir qui l’aveugle et lui donne du pouvoir.  Mais comme toujours, une phrase peut dire au fond de nous : J’aurais été parmi les résistants parce qu’il est trop dur de s’imaginer le contraire ou de faire partie des collaborateurs « par défaut », ceux qui pensent pouvoir se retirer à tout moment mais qui ne le font pas…
Savoir que cette histoire est réelle laisse songeur et donne toute son importance. La chute est particulièrement forte et a dû être particulièrement éprouvante pour quiconque l’a vécu. Cette claque. Ce retour à la réalité brutal, bestial. Néanmoins, une chose m’a marqué dans ma réaction face au livre La Vague, mais aussi dans ce que disent les personnes de l’expérience de la Troisième Vague : c’est que l’on trouve ça dingue que ça ait pu marcher alors que cela retrace ce qui a fonctionné et fonctionne encore de nos jours… Pourquoi s’étonne-t-on encore ?

Je vous propose ce lien vidéo pour aller plus loin sur cette expérience :

HHhH – Laurent BINET

Le Thème.

Être fidèle à l’Histoire, le combat d’un écrivain.

BINET, Laurent - HHHH

Une Citation.

240 J’écris peut-être ce livre pour leur faire comprendre qu’ils se trompent.

L’histoire en quelques mots.

Prague, 1942. Gabcik, Kubis et le guetteur Valcik commettent un acte historique, un attentat contre Reinhard(t) Heydrich, « l’homme le plus dangereux du III°Reich », le « bourreau de Prague », la « bête blonde » et tant de surnoms pour celui qui fut le chef de la Gestapo, des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale. Mais comme tout évènement, il y a un avant, un contexte. Laurent Binet organise votre rencontre avec ces quatre personnes et tant d’autres qui ont joué dans leur destin, de près ou de loin. Il y a l’instant présent, les tensions, les émotions qui débordent et, comme tout évènement, il y a un après. Ceux qui restent, ceux qui survivent, ceux qui vivront dans les mémoires et ceux que l’on oubliera inexorablement…

Laurent Binet a effectué un remarquable travail de documentation et vous livre l’Histoire avec ses mots, veillant à ce que la fiction ne s’en mêle pas…

Ce que j’en ai pensé.

J’ai adoré ce livre. Je suis plutôt passionnée/intriguée par cette époque qu’est la Seconde Guerre Mondiale, et avec ce livre, on peut dire que j’en ai appris énormément. Sur la résistance Tchécoslovaque, sur Heydrich aussi que je n’avais jamais trop eu l’occasion de repérer dans les films alors qu’il a été l’Instigateur de la Solution Finale, de beaucoup de sordides choses, d’horreurs. Le fait que sa mort a engendré le massacre du village de Lidice, et que ce sont ces retombées médiatiques de cette extermination qui a fait basculer l’opinion publique en défaveur de l’Allemagne nazie. Bon nombre de pays se sont alors positionnés. Si auparavant ils fermaient les yeux, c’en était fini. Et lire tout ça, c’est à la fois effroyable et intéressant par les détails sur les mécanismes politiques, psychologiques.

Laurent Binet livre un deuxième combat : Il veut écrire un récit le plus fidèle possible à l’Histoire et si au début, il se sent fort de ça et peut se demander comment d’autres écrits ne sont pas aussi fidèles que lui, ou inventent des détails ici et là. Il cède parfois, se reprend quelques paragraphes plus tard. En fait, il faudrait presque voir ce livre comme le journal de bord d’un écrivain qui veut raconter l’Histoire et est confronté à ses propres démons. Il n’a pas supprimé des gens parce que cela lui amenait du travail en plus, il n’a pas renommé des gens pour plus de facilité. J’avoue m’être parfois perdue entre les « Moravec »… Mais en tenant bon, un petit peu plus longtemps, les Humains prennent leur place.

Et si l’émotion semblait absente dans le début, la fin en est sacrément touchante avec ses mots humbles, simples. Je dis « semblait » parce qu’on dirait qu’il amasse des informations historiques, mais regardez-bien, il s’agace, se met en colère, déplore certaines choses. Ce qui a un moment m’a moi-même, agacé parce qu’un de ses jugements était hâtif et trop facile a posteriori. Mais avec le recul, je me rends surtout compte que ce livre, Laurent Binet l’a écrit avec ses tripes. Il l’a vécu au plus profond. Si bien qu’il parle aux personnes qui habitent son écrit, à ces hommes qui s’en sont voulu d’avoir tué Heydrich après le massacre du village de Lidice et si bien qu’il écrit son désir de les « réhabiliter » en quelque sorte, que les fantômes puisse lire qu’ils ont fait ce qui était juste, ils ont résisté à l’Inhumanité en mettant hors d’état de nuire, une machine à tuer.

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